La poterie de Ligron
( Le Petit Robert : Poterie : Fabrication des récipients de ménage en pâte argileuse traitée et cuite.)
Six siècles de poterie.
Ligron, paroisse du sud du Maine est située aux confins de l'Anjou , aujourd'hui commune du canton de Malicorne.

Les origines .
Le travail de l'argile a commencé sur le fief de la Bizière en 1314 par Jehan Le Rey puis Guillot Le Potier en 1334.
Autrefois, on ne savait envisager une poterie éloignée d'une source d'argile. Tous les ingrédients nécessaires à la fabrication: la terre à faire "potz", le bois et l'eau étaient réunis sur cette commune.
La terre.
A Ligron, c'est l'argile oxfordien de la Chohinière ( Terre bleue, bleuâtre ou grise colorée en bleu par le protosulfure de fer) qui était bêchée dans des puits de 5 à 12 mètres de profondeurs, consolidés par des branchages. Jusqu'en 1570, ces puits se situaient sur les terres du seigneur du château Sénéchal: René De Rays aux lieux-dits du Fouillet, (contenant 30 arpents qui prend ensuite le nom de Terrier), de la Beurrelière, de la Bretonnière et de la Chohinière.
Le bois.
Les feux des fours étaient activés par des fagots et bourrées provenant de la forêt de Longaulnay et plus précisément des deffais de Vadré qui s'étendaient sur les paroisses de Courcelles la forêt, Mézeray, Ligron et la Fontaine Saint Martin.
Le travail de la terre.
La bonne préparation de la terre entre 1300 et aujourd'hui n'a que peu changé.Trois étapes, avant le façonnage étaient nécessaires. Il fallait, tout d'abord, mettre l'argile dans un terrier, qui était un lieu de stockage servant à la fermentation et au pourrissement, ensuite, l'étaler sur au carreau, qui était une planche ou s'effectuait le marchage à pied nu pour éliminer les cailloux puis les auges qui servaient à faire tremper la terre.
Le tournage et la fabrication des poteries s'effectuaient au début sur une roue à baton, le tour est apparu dans la deuxième partie du 18 ème siècle.
La pièce humide façonnée était décollée de la girelle à l'aide d'une ficelle de chanvre jusqu'au 16 ème, puis portée à l'abri du soleil dans la sèche ( grenier).
Bien sec, le pot était émaillé. L'émail, par son prix élevé, était utilisé avec parcimonie. Le pot usuel, ne l'était seulement qu'à l'intérieur pour éviter la porosité. La base de l'émail était le plomb, pour les couleurs on ajoutait des oxydes de cuivre (vert), de fer (jaune), de manganèse (brun à violet foncé) et du bleu de cobalt.
four traditionnel.
La poterie d'argile séchée puis recouverte d'émail était cuite dans un four de 900 à 1000 degrés.
Les premiers fours fabriqués en argile étaient pratiquement à usage unique. Ils servaient le temps d'une fournée.Par la suite, les fours furent des fours-tunnel , sorte de voûte au sol en pente allant de l'entrée qui sert de foyer, à la sortie qui est utilisée pour enfourner les vases et de cheminée.
La production de Ligron a d'abord alimenté un commerce de proximité, elle était essentiellement culinaire et usuelle.
L'arrivée des potiers au bord des voies de communication ( chemin aux boeufs qui joint Paris à Nantes) annonce un écoulement par colportage.
La majorité de la production, aprés le passage du bac à Parcé, s'en allait vers la Normandie.
Collection: Bernard Vitour.
Les potiers.
Acte de naissance de Pierre Innocent Guimonneau.
Pierre innocent né de ce jour du mariage de maître Vincent Guimonneau, notaire royal et de damoiselle Perrine Barbot so épouse. A été baptisé ce sixième jour de décembre 1726 par nous prètre soussigné: ont été parrain maître Innocent Barbot, marraine Anne Barbot.
Acte de naissance de Jean Gallet.
Le Treizième jour du mois de mai de l'année 1741 a été baptisé par nous soussigné; Jacques né aujourd'hui,fils de Jean Gallet, marchand potier et de Renée Launay sa femme, demeurant à Bellouze en cette paroisse. Ont été parrain, Pierre Hautreux , marchand Potier, et marraine Marie Roussie; en présence du dit Jean Gallet père du dit enfant, et ont tous dit savoir signer.